{"id":64,"date":"2009-03-31T14:14:40","date_gmt":"2009-03-31T13:14:40","guid":{"rendered":"http:\/\/tristan.ferroir.fr\/index.php\/2009\/03\/31\/un-asteroide-est-tombe-sur-terre-et-des-morceaux-ont-ete-recuperes\/"},"modified":"2009-04-29T09:20:58","modified_gmt":"2009-04-29T08:20:58","slug":"un-asteroide-est-tombe-sur-terre-et-des-morceaux-ont-ete-recuperes","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/tristan.ferroir.fr\/index.php\/2009\/03\/31\/un-asteroide-est-tombe-sur-terre-et-des-morceaux-ont-ete-recuperes\/","title":{"rendered":"Un ast\u00e9ro\u00efde est tomb\u00e9 sur Terre et des morceaux ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9cup\u00e9r\u00e9s"},"content":{"rendered":"<h1 align=\"center\">Le lien entre ast\u00e9roide et m\u00e9t\u00e9orites : la r\u00e9cup\u00e9ration de fragments de l&#8217;ast\u00e9roide 2008 TC3, tomb\u00e9 sur Terre le 6\u00a0 octobre 2008<\/h1>\n<p>Le 7 Octobre 2008, l&#8217;ast\u00e9ro\u00efde 2008 TC3 est tomb\u00e9 sur Terre et certains fragments ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9cup\u00e9r\u00e9s. Que peut-on tirer de ces collectes scientifiques?<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<h1><a title=\"SECTION01000000000000000000\" name=\"SECTION01000000000000000000\"><\/a>Qu&#8217;est-ce qu&#8217;un ast\u00e9roide?<\/h1>\n<p>Un ast\u00e9roide est un corps rocheux du syst\u00e8me solaire dont la taille est variable. Cela va de quelques dizaines de m\u00e8tres \u00e0 plus d&#8217;un millier de kilom\u00e8tres. La d\u00e9finition d&#8217;un ast\u00e9roide est toutefois moins claire depuis la nouvelle d\u00e9finition de plan\u00e8te. Ainsi, C\u00e9res est une plan\u00e8te naine mais est aussi un ast\u00e9roide. Ces ast\u00e9ro\u00efdes peuvent \u00eatre diff\u00e9renci\u00e9s, c&#8217;est \u00e0 dire poss\u00e8der un manteau et un noyau.<\/p>\n<h1><a title=\"SECTION02000000000000000000\" name=\"SECTION02000000000000000000\"><\/a>O\u00f9 sont situ\u00e9s les ast\u00e9roides?<\/h1>\n<p>Les ast\u00e9ro\u00efdes sont situ\u00e9s dans diff\u00e9rentes zones du syst\u00e8me solaire :<\/p>\n<ul>\n<li>\n<p style=\"margin-bottom: 0cm\">La ceinture d&#8217;ast\u00e9ro\u00efdes est le lieu le plus connu. Il s&#8217;agit d&#8217;une zone comprise entre l&#8217;orbite de Mars et l&#8217;orbite de Jupiter, entre 2 unit\u00e9s astronomiques et 4 unit\u00e9s astronomiques (1 UA = Distance Terre-Soleil = 150 millions de kilom\u00e8tres). On y a d\u00e9nombr\u00e9 pour l&#8217;instant plus de 20 000 objets. On pense que ce sont les r\u00e9sidus d&#8217;une plan\u00e8te non agr\u00e9g\u00e9e, sa formation ayant \u00e9t\u00e9 emp\u00each\u00e9e par les forces gravitationnelles dues \u00e0 Jupiter.<\/p>\n<\/li>\n<li>\n<p style=\"margin-bottom: 0cm\">Les ast\u00e9ro\u00efdes troyens sont un peu plus de 2000. Ils se situent sur l&#8217;orbite de Jupiter, \u00e0 des positions rendues gravitationnellement stable par la compensation entre l&#8217;attraction de Jupiter et l&#8217;attraction du Soleil.<\/p>\n<\/li>\n<li>\n<p style=\"margin-bottom: 0cm\">Les ast\u00e9ro\u00efdes g\u00e9ocroiseurs dont l\u2019orbite croise celle de la Terre. Ils sont souvent (mais pas toujours) leur aph\u00e9lie dans la ceinture principale entre mars et Jupiter, mais leur p\u00e9rihelie plus pres du soleil qu\u20191 UA. Ils sont ceux qui ont donc la probabilit\u00e9 la plus grande de tomber sur notre plan\u00e8te<\/p>\n<\/li>\n<li>\n<p style=\"margin-bottom: 0cm\">La ceinture de Kuiper situ\u00e9e entre 30 UA et 100 UA, au del\u00e0 de l&#8217;orbite de Neptune, est un r\u00e9servoir certainement tr\u00e8s important d&#8217;ast\u00e9ro\u00efdes. Les objets qui la composent sont dits objets transneptuniens. Parmi les objets les plus c\u00e9l\u00e8bres, on compte Pluton, Charon ou encore Sedna et Eris.<\/p>\n<\/li>\n<li>\n<p style=\"margin-bottom: 0cm\">Les Centaures sont des ast\u00e9ro\u00efdes situ\u00e9s entre les plan\u00e8tes g\u00e9antes dont la composition ressemble plus aux com\u00e8tes qu&#8217;aux ast\u00e9ro\u00efdes.<\/p>\n<\/li>\n<\/ul>\n<p><a title=\"87\" name=\"87\"><\/a><\/p>\n<p><center><\/p>\n<table cellpadding=\"2\" cellspacing=\"2\">\n<tr>\n<td>\n<p align=\"center\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/tristan.ferroir.fr\/Geologie\/Localisation_des_asteroides.jpg\" name=\"Localisation des ast\u00e9roides dans le syst\u00e8me solaire\" align=\"left\" border=\"0\" height=\"514\" width=\"620\" \/><\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/table>\n<p><\/center><\/p>\n<p style=\"margin-bottom: 0cm\" align=\"center\"><strong>Figure:<\/strong><br \/>\nLocalisation des diff\u00e9rents r\u00e9servoirs d&#8217;ast\u00e9ro\u00efdes au sein du<br \/>\nsyst\u00e8me solaire. Figure : <a href=\"http:\/\/tristan.ferroir.fr\/\">Tristan<br \/>\nFERROIR<\/a><\/p>\n<h1><a title=\"SECTION03000000000000000000\" name=\"SECTION03000000000000000000\"><\/a>Les diff\u00e9rents types d&#8217;ast\u00e9ro\u00efdes<\/h1>\n<p>Les ast\u00e9ro\u00efdes sont class\u00e9s en fonction du spectre de leur surface et de leur alb\u00e9do. On distingue alors les types suivants, par ordre d&#8217;importance<\/p>\n<ul>\n<li>\n<p style=\"margin-bottom: 0cm\">le Type C : ce sont des ast\u00e9ro\u00efdes sombres (alb\u00e9do ~ 0.03) de type carbon\u00e9 qui ont des spectres proches des chondrites carbon\u00e9es. Leur composition chimique semble proche du Soleil aux volatils pr\u00e8s. Ils repr\u00e9sentent 75% des<br \/>\nast\u00e9ro\u00efdes observ\u00e9s. Ce type pr\u00e9sentent des sous-types : les types B, F et G<\/li>\n<li>\n<p style=\"margin-bottom: 0cm\">le Type S : ce sont des ast\u00e9ro\u00efdes clairs (alb\u00e9do 0.10 \u00e0 0.22) de type silicique compos\u00e9s de silicates ferromagn\u00e9siens (olivines, pyrox\u00e8nes) m\u00e9lang\u00e9s \u00e0 du fer, du nickel et du magn\u00e9sium metallique. Ils repr\u00e9sentent 17%<br \/>\ndes ast\u00e9ro\u00efdes observ\u00e9s.<\/li>\n<li>\n<p style=\"margin-bottom: 0cm\">le Type M : ce sont des ast\u00e9ro\u00efdes moyennement clairs (alb\u00e9do 0.10 \u00e0 0.18) de type m\u00e9tallique essentiellement compos\u00e9s de fer et de nickel avec tr\u00e8s peu de silicates. Ils repr\u00e9sentent environ 8% des ast\u00e9ro\u00efdes observ\u00e9s<\/p>\n<\/li>\n<li>Les Types plus rares (non exhaustif)\n<ul>\n<li>\n<p style=\"margin-bottom: 0cm\">le Type A : supput\u00e9 \u00eatre uniquement du manteau, ils pr\u00e9sentent une couleur rouge intense<\/p>\n<\/li>\n<li>\n<p style=\"margin-bottom: 0cm\">le Type E : type dont la composition chimique serait proche des chondrites de type chondrites \u00e0 Enstatite<\/p>\n<\/li>\n<li>\n<p style=\"margin-bottom: 0cm\">le Type Q : type dont le spectre est proche de celui des chondrites ordinaires<\/p>\n<\/li>\n<li>\n<p style=\"margin-bottom: 0cm\">le Type V : type dont le repr\u00e9sentant le plus connu est Vesta<\/p>\n<\/li>\n<\/ul>\n<p><a title=\"88\" name=\"88\"><\/a><\/p>\n<p><center><\/p>\n<table cellpadding=\"2\" cellspacing=\"2\">\n<tr>\n<td>\n<p align=\"center\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/tristan.ferroir.fr\/Geologie\/Asteroides.jpg\" name=\"Differents types d'ast\u00e9ro\u00efdes\" align=\"left\" border=\"0\" height=\"176\" width=\"626\" \/><\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/table>\n<p><\/center><\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"margin-bottom: 0cm\" align=\"center\"><strong>Figure:<\/strong><br \/>\n\u00c0 gauche Gaspra, un ast\u00e9ro\u00efde de type S, ( diam\u00e8tre ~ 15 km) au milieu Mathilde (diam\u00e8tre ~ 50 km), un ast\u00e9ro\u00efde de type C et \u00e0 droite Vesta, un ast\u00e9ro\u00efde de type V (diam\u00e8tre ~ 520 km). Gaspra et Mathilde ont \u00e9t\u00e9 survol\u00e9 de pr\u00e8s par des sondes et satellites. La photo de l&#8217;ast\u00e9ro\u00efde Vesta est de moins bonne qualit\u00e9 car il n&#8217;a pas \u00e9t\u00e9 survol\u00e9 : la photo est prise depuis le telescope spatial Hubble.. Copyright <a href=\"http:\/\/www.nasa.gov\/NASA\">NASA<\/a><\/p>\n<h1><a title=\"SECTION04000000000000000000\" name=\"SECTION04000000000000000000\"><\/a>Des m\u00e9t\u00e9orites particuli\u00e8res : les ureilites<\/h1>\n<p>Les ureilites sont des m\u00e9t\u00e9orites relativement rares dont on d\u00e9nombre environ 250 sp\u00e9cimens \u00e0 l&#8217;heure actuelle \u00e0 comparer aux 36 000 chondrites repertori\u00e9es. Les ureilites au contraire des chondrites sont des m\u00e9t\u00e9orites dites diff\u00e9renci\u00e9es pr\u00e9sentes sous deux types de p\u00e9trologie :<\/p>\n<ul>\n<li>\n<p style=\"margin-bottom: 0cm\">les ureilites monomictes qui sont des roches constitu\u00e9es de larges olivines (~1mm) , de pyrox\u00e8nes (le plus souvent de la pigeonite) et de phases carbon\u00e9es (graphite et diamant) qui repr\u00e9sentent environ 2 \u00e0 4% de la masse. Ces<br \/>\nureilites sont les plus abondantes.<\/li>\n<li>les ureilites polymictes plus rares qui sont souvent des br\u00e8ches constitu\u00e9es des m\u00eames min\u00e9raux que les ureilites monomictes auxquels s&#8217;ajoutent des feldspaths (environ 2%) et des phases accessoires (alliage fer-nickel, spinel&#8230;)<\/li>\n<\/ul>\n<p>Dans les ureilites monomictes, les diff\u00e9rents min\u00e9raux s&#8217;agencent de fa\u00e7on granoblastique avec des jonctions triples entre les diff\u00e9rents grains. Cet argument structural tend \u00e0 montrer que ces roches sont des cumulats magmatiques ou des r\u00e9sidus de fusion. L&#8217;absence de composant feldspathique au sein de ces roches confirme cette proposition.<\/p>\n<p>Certaines ureilites tr\u00e8s peu choqu\u00e9es ne contiennent que du graphite alors que la plupart des ureilites contiennent aussi bien du graphite et du diamant. La mati\u00e8re carbon\u00e9e n&#8217;est pas r\u00e9partie al\u00e9atoirement au sein des ureilites. Elle se trouve de fa\u00e7on interstitielle entre les min\u00e9raux principaux. La pr\u00e9sence de ce carbone a pour cons\u00e9quence la mise en place de zone de r\u00e9action de taille comprise en 10 \u00b5m jusqu&#8217;\u00e0 500 \u00b5m au contact entre les olivines et le carbone. Ces zones de r\u00e9action pr\u00e9sentent une r\u00e9duction dont la min\u00e9ralogie caract\u00e9ristique est essentiellement constitu\u00e9e de forst\u00e9rite pure, d&#8217;enstatite et de fer. L&#8217;origine de ce carbone est tr\u00e8s d\u00e9battu : s&#8217;agit-il de carbone inject\u00e9 lors d&#8217;un impact comme en t\u00e9moigne la pr\u00e9sence de diamant qui est un min\u00e9ral caract\u00e9ristique d&#8217;un m\u00e9tamorphisme de haute pression et la r\u00e9action entre les olivines et le carbone ou bien de carbone d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9sent sur le corps parent comme le sugg\u00e8re la pr\u00e9sence de<br \/>\ngraphite dans des ureilites non choqu\u00e9es?<\/p>\n<p><a title=\"89\" name=\"89\"><\/a><\/p>\n<p><center><\/p>\n<table cellpadding=\"2\" cellspacing=\"2\">\n<tr>\n<td>\n<p align=\"center\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/tristan.ferroir.fr\/Geologie\/NWA4515.jpg\" name=\"Image3\" align=\"left\" border=\"0\" height=\"415\" width=\"603\" \/><\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/table>\n<p><\/center><\/p>\n<p style=\"margin-bottom: 0cm\" align=\"center\"><strong>Figure:<\/strong><br \/>\nLame mince en lumi\u00e8re polaris\u00e9e non analys\u00e9e de l&#8217;ureilite NWA<br \/>\n4515. Les zones noires sont les zones carbon\u00e9es et les zones de<br \/>\nr\u00e9duction dans les olivines. Photo : <a href=\"http:\/\/tristan.ferroir.fr\/\">Tristan<br \/>\nFERROIR<\/a><\/p>\n<h1><a title=\"SECTION05000000000000000000\" name=\"SECTION05000000000000000000\"><\/a>Un pr\u00e9c\u00e9dent lien entre ast\u00e9ro\u00efde et m\u00e9t\u00e9orite : l&#8217;exemple des HED et de l&#8217;ast\u00e9ro\u00efde 4-Vesta<\/h1>\n<p>Etablir la provenance des m\u00e9t\u00e9orites est toujours un challenge pour les scientifiques. Diff\u00e9rentes m\u00e9thodes sont employ\u00e9es, la premi\u00e8re \u00e9tant de reconstituer la trajectoire \u00e0 partir de mesures et d&#8217;observations r\u00e9alis\u00e9es par les t\u00e9lescopes ou les radars m\u00e9t\u00e9orologiques. C&#8217;est ainsi que la trajectoire de la m\u00e9t\u00e9orite de Peekskill a pu \u00eatre \u00e9valu\u00e9e et d\u00e9termin\u00e9e comme provenant de la ceinture d&#8217;ast\u00e9ro\u00efdes. La deuxi\u00e8me m\u00e9thode est de comparer les spectres des ast\u00e9ro\u00efdes \u00e0 celui des m\u00e9t\u00e9orites que nous poss\u00e8dons en laboratoire. Pour cette m\u00e9thode, l&#8217;exemple de la classe des HED (pour Howardite, Eucrites, Diog\u00e9nites<br \/>\n qui sont des achondrites basaltiques et gabbro\u00efques) est exemplaire. Les scientifiques ont mesur\u00e9 le spectre de reflectance de ces m\u00e9t\u00e9orites en laboratoire et l&#8217;ont compar\u00e9 \u00e0 celui de l&#8217;ast\u00e9ro\u00efde 4-Vesta, situ\u00e9 dans la ceinture d&#8217;ast\u00e9ro\u00efde et qui fait 530 km de diam\u00e8tre.<br \/>\nLa correspondance entre les bandes d&#8217;absorption \u00e9tant tr\u00e8s bonne, on a suppos\u00e9 que ces m\u00e9t\u00e9orites provenaient de cet ast\u00e9ro\u00efde. De plus, la pr\u00e9sence d&#8217;un immense crat\u00e8re de 450 km de diam\u00e8tre et environ 10 \u00e0 20 km de profondeur a support\u00e9 l&#8217;id\u00e9e que les m\u00e9t\u00e9orites HED ont \u00e9t\u00e9 \u00e9ject\u00e9es lors d&#8217;un choc extr\u00eamement violent.<\/p>\n<p><a title=\"63\" name=\"63\"><\/a><\/p>\n<p><center><\/p>\n<table cellpadding=\"2\" cellspacing=\"2\">\n<tr>\n<td>\n<p align=\"center\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/tristan.ferroir.fr\/Geologie\/Vesta_HED_spectre.jpg\" name=\"Image4\" align=\"left\" border=\"0\" height=\"495\" width=\"613\" \/><\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/table>\n<p><\/center><\/p>\n<p style=\"margin-bottom: 0cm\" align=\"center\"><strong>Figure:<\/strong><br \/>\nSpectre compar\u00e9 des HEDs (traits pleins) de Vesta (carr\u00e9). On<br \/>\nconstate une bonne correspondance entre les valeurs d&#8217;absorbance.<br \/>\nD&#8217;apr\u00e8s Binzer et al., Science, 1993<\/p>\n<h1><a title=\"SECTION06000000000000000000\" name=\"SECTION06000000000000000000\"><\/a>Les fragments de l&#8217;ast\u00e9roide 2008 TC3<\/h1>\n<p>L&#8217;ast\u00e9ro\u00efde 2008 TC3 est un petit ast\u00e9roide g\u00e9ocroiseur d&#8217;environ 2 \u00e0 5 m\u00e8tres de diam\u00e8tre qui a \u00e9t\u00e9 d\u00e9couvert le 6 octobre 2008 \u00e0 6h39 du matin UTC par un t\u00e9lescope de l&#8217;Arizona. Les calculs ont montr\u00e9 qu&#8217;il s&#8217;\u00e9craserait sur la Terre environ 19<br \/>\nheures apr\u00e8s cette d\u00e9couverte. Ce fut le cas et cette chute qui se produisit au Soudan a pu \u00eatre observ\u00e9e par diff\u00e9rents t\u00e9moins pr\u00e9sents dans la Station 6 de la ligne ferroviaire situ\u00e9e entre Wadi Halfa et Al Khurtum. L&#8217;explosion de l&#8217;ast\u00e9ro\u00efde, vers 37 km d&#8217;altitude, a pu \u00eatre observ\u00e9 aussi par un satellite m\u00e9t\u00e9orologique.<\/p>\n<p><center><\/p>\n<table cellpadding=\"2\" cellspacing=\"2\">\n<tr>\n<td>\n<p align=\"center\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/tristan.ferroir.fr\/Geologie\/2008tc3_meteosat-EUMETSAT.jpg\" name=\"Image5\" align=\"left\" border=\"0\" height=\"383\" width=\"571\" \/><\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/table>\n<p><\/center><\/p>\n<p style=\"margin-bottom: 0cm\" align=\"center\"><strong>Figure:<\/strong><br \/>\nAugmentation de temp\u00e9rature li\u00e9e \u00e0 l&#8217;explosion de l&#8217;ast\u00e9ro\u00efde 2008 TC3 dans l&#8217;atmosph\u00e8re  vue par un satellite m\u00e9t\u00e9orologique. L&#8217;\u00e9chelle color\u00e9e \u00e0 droite est gradu\u00e9e en Kelvin et permet de localiser cette augmentation. Image EUMETSAT<\/p>\n<p>Les scientifiques pensaient au d\u00e9part que le corps \u00e9tait beaucoup trop petit pour que des fragments aient pu survivre \u00e0 l&#8217;entr\u00e9e puis \u00e0 l&#8217;explosion dans l&#8217;atmosph\u00e8re. Cependant, deux missions (5-8 d\u00e9cembre et 25-30 d\u00e9cembre 2008) ont \u00e9t\u00e9 mises en place pour rechercher d&#8217;\u00e9ventuels fragments le long de la trajectoire de chute.<\/p>\n<p><a title=\"76\" name=\"76\"><\/a><\/p>\n<p><center><\/p>\n<table cellpadding=\"2\" cellspacing=\"2\">\n<tr>\n<td>\n<p align=\"center\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/tristan.ferroir.fr\/Geologie\/2008TC3_path.jpg\" name=\"Image6\" align=\"left\" border=\"0\" height=\"196\" width=\"674\" \/><\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/table>\n<p><\/center><\/p>\n<p style=\"margin-bottom: 0cm\" align=\"center\"><strong>Figure:<\/strong><br \/>\nLa fl\u00e8che blanche repr\u00e9sente la direction de 2008 TC3 ainsi que sa projection sur la Terre si l&#8217;objet n&#8217;avait pas ralenti. Les diff\u00e9rentes altitudes sont indiqu\u00e9es dans les ovales blanc en kilom\u00e8tres. La taille des symboles rouge indique les petits (1-10g), moyen (10-100g) et gros (100-1000g) fragments m\u00e9t\u00e9oritiques. Les masses indiqu\u00e9es dans les rectangles blancs marquent les positions o\u00f9 la chute de m\u00e9t\u00e9orites de telles masses sont pr\u00e9dites (plus le fragment est gros, moins il est frein\u00e9 par l&#8217;atmosph\u00e8re). Les zones en jaune p\u00e2le transparent indique les endroits o\u00f9 les fragments ont \u00e9t\u00e9 recherch\u00e9s. Aucun fragment de grosse masse n&#8217;a pu \u00eatre observ\u00e9e. La ligne jaune mat\u00e9rialise la ligne de chemin de fer. D&#8217;apr\u00e8s Jenniskens et al., Nature,<br \/>\n2009<\/p>\n<p>Les \u00e9quipes ont pu r\u00e9cup\u00e9rer 47 m\u00e9t\u00e9orites totalisant une masse de 3.95 kg.<\/p>\n<p><center><\/p>\n<table cellpadding=\"2\" cellspacing=\"2\">\n<tr>\n<td>\n<p align=\"center\">&nbsp;<\/p>\n<p align=\"center\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/tristan.ferroir.fr\/Geologie\/2008TC3_meteorite.jpg\" name=\"Image7\" align=\"left\" border=\"0\" height=\"426\" width=\"656\" \/><\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/table>\n<p><\/center><\/p>\n<p style=\"margin-bottom: 0cm\" align=\"center\"><strong>Figure:<\/strong><br \/>\nPhotographie de diff\u00e9rents fragments des m\u00e9t\u00e9orites Almahata Sitta<br \/>\nr\u00e9cup\u00e9r\u00e9e par les \u00e9quipes d&#8217;exploration.D&#8217;apr\u00e8s Jenniskens et<br \/>\nal., Nature, 2009<\/p>\n<p>Ces m\u00e9t\u00e9orites ont \u00e9t\u00e9 class\u00e9es comme des ur\u00e9ilites polymictes tr\u00e8s particuli\u00e8res. En effet, la densit\u00e9 moyenne des m\u00e9t\u00e9orites collect\u00e9es est de 2.10 \u00e0 2.50 g\/cm-3 alors que les ureilites typiques ont une densit\u00e9 de 3.05 g\/cm-3 c&#8217;est \u00e0 dire un<br \/>\ndensit\u00e9 comparable \u00e0 celle d&#8217;un gabbro. Cette diff\u00e9rence de densit\u00e9 montre donc que les m\u00e9t\u00e9orites et par cons\u00e9quent l&#8217;ast\u00e9ro\u00efde est extr\u00eamement poreux, de l&#8217;ordre de 25 \u00e0 37%! Cette forte porosit\u00e9 explique que ce type d&#8217;ureilites tr\u00e8s poreuses n&#8217;ait pas encore \u00e9t\u00e9 collect\u00e9 puisque cela rend l&#8217;ast\u00e9ro\u00efde tr\u00e8s fragmentable et donc consumable facilement dans l&#8217;atmosph\u00e8re. Les ureilites \u00e9taient jusqu&#8217;\u00e0 pr\u00e9sent consid\u00e9r\u00e9e comme provenant d&#8217;ast\u00e9ro\u00efdes de type S, c&#8217;est \u00e0 dire les ast\u00e9ro\u00efdes<br \/>\nsiliciques. Or, les spectres de 2008 TC3 et des m\u00e9t\u00e9orites collect\u00e9es sont tr\u00e8s proches d&#8217;un ast\u00e9ro\u00efde de type F, c&#8217;est \u00e0 dire un type carbon\u00e9. A l&#8217;heure actuelle, seul un seul ast\u00e9ro\u00efde de type F est connu, 1998 KU2, et 2008 TC3 semble avoir une<br \/>\nprovenance voisine de ce-dernier.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le lien entre ast\u00e9roide et m\u00e9t\u00e9orites : la r\u00e9cup\u00e9ration de fragments de l&#8217;ast\u00e9roide 2008 TC3, tomb\u00e9 sur Terre le 6\u00a0 octobre 2008 Le 7 Octobre 2008, l&#8217;ast\u00e9ro\u00efde 2008 TC3 est tomb\u00e9 sur Terre et certains fragments ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9cup\u00e9r\u00e9s. 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