define('DISALLOW_FILE_EDIT', true); define('DISALLOW_FILE_MODS', true); BCPST – https://tristan.ferroir.fr La page personnelle de Tristan FERROIR Mon, 22 Dec 2014 17:58:45 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.4.5 Des animaux sauvages aux animaux domestiques, un regard évolutif sur la domestication https://tristan.ferroir.fr/index.php/2014/09/13/des-animaux-sauvages-aux-animaux-domestiques-un-regard-evolutif-sur-la-domestication/ https://tristan.ferroir.fr/index.php/2014/09/13/des-animaux-sauvages-aux-animaux-domestiques-un-regard-evolutif-sur-la-domestication/#respond Sat, 13 Sep 2014 09:52:34 +0000 http://tristan.ferroir.fr/?p=1913 Lire la suite ]]> La domestication est un phénomène qui a le plus souvent eu lieu par sélection artificielle mais pas seulement. De plus, certains animaux sont plus facilement domesticables que d’autres.

Cas des animaux de ferme

Dans le cas des animaux de ferme, certains paramètres sont importants et ont faciliter leur domestication.

Favorable_unfavorable_preadaptations_to_domestication

Cas plus compliqué des animaux de compagnie : le chien et le chat

La sélection artificielle correspond à la sélection de caractères avantageux pour l’homme et c’est par ce mécanisme que de nombreuses espèces domestiques ont évolué. La plupart des espèces domestiques trouve leur origine dans l’un des quelques centres historiques de domestication des animaux de ferme. Deux exceptions existent : les chats (Felis silvestris) et les chiens (Canis lupus).
La domestication du loup a débuté à la fin du mésolitique quand les humains étaient des chasseurs cueilleurs nomades. Ces loups qui avaient moins peurs des humains faisaient les poubelles des camps nomades et, au cours du temps se révélèrent utiles. Au début, il servaient de garde et  prévenaient lors de l’approche d’animaux sauvages ou bien d’autres populations nomades. Après, il servirent de chasseurs, un attribut acquis par sélection artificielle.
Les premiers chats domestiques avaient une utilité faible et leur domestication a débuté au début de l’ère agriculutural néolithique au proche orient. La domestication des chats sauvages s’est produite par une auto-sélection dans laquelle le comportement sexuel est corrélée à un choix du partenaire sexuel non aléatoire (assortative mating) couplée à un choix des environnements urbains. Le début de la domestication des chats sauvages d’Eurasie s’est faite, au départ, par une sélection naturelle plutôt qu’artificielle suivi d’une spéciation par isolement reproducteur (spéciation sympatrique)

 

D’après Driscoll – PNAS – 2009 – From wild animals to domestic pets, an evolutionary view of domestication

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Blocage de la polyspermie chez les Mammifères https://tristan.ferroir.fr/index.php/2014/05/17/blocage-de-la-polyspermie-chez-les-mammiferes/ https://tristan.ferroir.fr/index.php/2014/05/17/blocage-de-la-polyspermie-chez-les-mammiferes/#respond Sat, 17 May 2014 10:02:44 +0000 http://tristan.ferroir.fr/?p=1897 Lire la suite ]]> Le blocage de la polyspermie chez les Mammifères fait débat depuis longtemps. Si la réaction corticale est clairement un des moyens, le fait qu’elle se produise « tardivement » après l’entrée du spermatozoïde compte pour blocage mais pas comme blocage précoce. Certains mettent en avant une dépolarisation de la membrane de l’ovocyte mais cette conclusion est loin d’être partagé par l’ensemble de la communauté. Le modèle Souris semble notamment ne pas montrer une telle dépolarisation.

Un article publié par BIanchi et al dans Nature permet de proposer un mécanisme alternatif particulièrement fin :

L’intéraction entre la protéine Izumo située sur la membrane du spermatozoïde après la réaction acrosomique ne se fait pas avec CD9 comme penser précédemment. On pensait que cette intéraction permettait la fusion entre les membranes du spermatozoïde et la membrane de l’ovocyte (oolemme). En fait, Izumo n’intéragit pas avec CD9 mais avec une autre protéine que les chercheurs ont nommé Juno (la déesse romaine du mariage). Cette intéraction est absolument nécessaire : un ovocyte sans protéine Juno est infécondable. C’est la partie a du schéma

Izumo-Juno

Là où c’est encore plus fort c’est qu’après la fécondation de l’ovocyte  par un spermatozoïde, la protéine Juno est expulsée de la membrane dans des vésicules (schéma b).  En conséquence, l’absence de la protéine Juno sur la membrane rend donc l’ovocyte infécondable. Voilà le blocage rapide de la polyspermie chez les Mammifères tant recherché sans qu’il y ait intervention d’une dépolarisation de l’ovocyte!

]]> https://tristan.ferroir.fr/index.php/2014/05/17/blocage-de-la-polyspermie-chez-les-mammiferes/feed/ 0 Les organismes paranaturels avec un ADN à 6 bases azotées https://tristan.ferroir.fr/index.php/2014/05/10/les-organismes-paranaturels-avec-un-adn-a-6-bases-azotees/ https://tristan.ferroir.fr/index.php/2014/05/10/les-organismes-paranaturels-avec-un-adn-a-6-bases-azotees/#respond Sat, 10 May 2014 10:13:19 +0000 http://tristan.ferroir.fr/?p=1902 Lire la suite ]]> ParanaturelsL’équipe dirigée par Floyd Romesberg (Scripps Research Institute, La Jolla, Californie) est parvenue à intégrer dans le génome d’une bactérie, Escherichia coli, une nouvelle paire de bases nucléiques, d5SICS et dNaM, dont la présence a été tolérée par la machinerie de réplication du micro-organisme : cette paire de bases non naturelles se retrouvait dans 99,4 % des descendants de la bactérie. Ces bases inédites ne figuraient pas dans les chromosomes de la cellule, mais dans un plasmide.
Les travaux ont d’abord consisté à modifier la bactérie E. coli afin qu’elle incorpore dans son enveloppe externe des protéines de transfert qui permettaient le passage depuis le milieu de culture des nouveaux nucléotides triphosphates particuliers, précurseurs des deux bases d5SICS et dNaM. Il a fallu greffer à la bactérie des porines provenant d’une algue permettant cette entrée. Cette première opération avait pour but de permettre ‘incorporation dans la bactérie des nucléotides triphosphates nouveaux, nécessaires à la réplication du plasmide où la nouvelle paire de base avait préalablement été intégrée.
La réplication des plasmides est réalisée par les polymérases qui ont aussi une activité correctrice de type exonucléasiques. Cette activité de contrôle aurait donc pu être un problème. In vitro, il avait été démontré qu’une polymérase particulière pouvait répliquer efficacement la paire d5SICS-dNaM. Les chercheurs ont donc  placé  la nouvelle paire de base dans une région du plasmide dont ils présupposaient qu’elle était sous le contrôle de cette polymérase.

Les chercheurs ont pu obtenir jusqu’à dix générations de bactéries possédant encore ces bases exotiques dans leur ADN.

Ainsi, avec un code génétique à 6 bases azotées, on peut envisager non plus l’utilisation des seuls 20 acides aminés traditionnels de la biologie mais aussi des acides aminés des chimistes dont le nombre dépassent 300.

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Nouvelles corrections de colles pour BCPST disponibles sur la page colles https://tristan.ferroir.fr/index.php/2013/03/05/nouvelles-corrections-de-colles-pour-bcpst-disponibles-sur-la-page-colles/ https://tristan.ferroir.fr/index.php/2013/03/05/nouvelles-corrections-de-colles-pour-bcpst-disponibles-sur-la-page-colles/#comments Tue, 05 Mar 2013 17:00:26 +0000 http://tristan.ferroir.fr/?p=907 Lire la suite ]]> Vous les retrouverez ici. J’ai surligné en jaune les nouvelles. Cela devrait s’étoffer au fur et à mesure de l’année.

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Dissection de différents animaux https://tristan.ferroir.fr/index.php/2013/01/04/dissection-de-differents-animaux/ https://tristan.ferroir.fr/index.php/2013/01/04/dissection-de-differents-animaux/#respond Fri, 04 Jan 2013 14:10:55 +0000 http://tristan.ferroir.fr/?p=1495 Lire la suite ]]> Dans le programme de l’agrégation SVT/SV-STU, de nombreuses dissections d’animaux sont au programme afin de comprendre leur organisation interne et de place cela dans les perspectives de l’évolution notamment.

Une professeure agrégée m’a proposé de publier cette ressource pour elle ce que je fais avec grand plaisir. Vous pouvez donc retrouver sur la page Agrégation une nouvelle colonne contenant les  dissections suivantes :

Annélides (arénicole)
Mollusques (moule, escargot)
Crustacés (écrevisse)
Echinodermes (oursin)
Urochordés (cione)
Téléostéen (gardon)
Tétrapodes (poulet, souris [non présent sur la page, je proposerai une vidéo utilisable en classe, notamment de seconde)

NB : Les dissections ne sont pas toujours complètes, il manque des appareils pour certaines d’entre elles. Ces exemples ne sont pas représentatifs de tous les Métazoaires, il manque entre autre un représentant des Insectes.

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L’apport des missions Appolo à la connaissance de la Lune https://tristan.ferroir.fr/index.php/2012/08/25/lapport-des-missions-appolo-a-la-connaissance-de-la-lune/ Sat, 25 Aug 2012 21:50:26 +0000 http://tristan.ferroir.fr/?p=1414 Lire la suite ]]> Neil Armstrong est décédé ce matin. Le premier homme a avoir foulé le sol lunaire a permis de découvrir un nombre de choses incroyables sur la Lune.

Pour le sujet 2011 du concours d’entrée des ENS, j’avais réalisé le sujet de Sciences de la Terre qui portait justement sur la Lune. Je vous le propose ici  ce qui permet de réfléchir sur les moissons scientifiques permises :

Le fichier PDF ici ou bien visible au-dessous (cela peut être un peu long)

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Ce qu’il faut comprendre et retenir du δ18O (delta 18 O) en tant qu’indicateur paléoclimatique https://tristan.ferroir.fr/index.php/2012/01/18/ce-quil-faut-comprendre-et-retenir-du-delta-18-o-en-tant-quindicateur-paleoclimatique/ https://tristan.ferroir.fr/index.php/2012/01/18/ce-quil-faut-comprendre-et-retenir-du-delta-18-o-en-tant-quindicateur-paleoclimatique/#comments Wed, 18 Jan 2012 19:36:01 +0000 http://tristan.ferroir.fr/?p=1147 Lire la suite ]]> Je vous propose ici de quoi faire le point sur l’utilisation du δ18O comme indicateur paléoclimatique. Beaucoup d’erreurs sont souvent commises là dessus… (Si vous en voyez dans l’article, n’hésitez pas à me le signaler)

Cet article est disponible en pdf

Comme de nombreux éléments sur Terre, l’oxygène existe sous la forme d’isotopes, c’est à dire un même élément mais dont le noyau atomique possède un nombre différents de neutrons. On a ainsi, pour l’oxygène, 3 isotopes : l’isotope 16 (8 protons, 8 neutrons) qui est le plus abondant, l’isotope 17 (8 protons, 9 neutrons) et l’isotope 18 (8 protons, 10 neutrons).

1 Le δ18O, qu’est-ce que c’est?

Le δ18O est un indicateur qui quantifie la quantité d’isotope 18 de l’oxygène par rapport à l’oxygène 16 dans un échantillon. Afin de pouvoir comparer les différentes valeurs de ce rapport, on choisit un standard qui fera office de référent universel. Ainsi, tous les rapports (18O)/(16O) seront comparés à un standard ce qui permettra ensuite de comparer les différentes valeurs entre elles.

En pratique, le δ18O est calculé à partir de la formule suivante après avoir mesuré le rapport (18O)/(16O) d’un échantillon par un spectromètre de masse :

Formule du delta 18 OEtant donné qu’on multiplie le résultat obtenu par 1000, le δ18O s’exprime donc en ‰ (pour mille). De façon simple, le δ18O quantifie donc la quantité d’isotope 18 de l’oxygène par rapport à l’oxygène 16. Si la quantité d’isotope 18 dans l’échantillon est importante, alors le numérateur est grand et donc le δ18O est élevé. Au contraire, s’il y a peu d’oxygène 18 dans l’échantillon, alors le numérateur est petit et le δ18O est donc faible.

2 Pourquoi y a-t-il des variations du δ18O?

A priori, quel que soit l’échantillon, il devrait y avoir toujours la même quantité d’oxygène 18 par rapport à l’oxygène 16 puisque dans les deux cas, il s’agit du même élément. Cependant, il existe une légère différence de masse à cause de la présence, pour l’oxygène 18 de 2 neutrons supplémentaires : l’oxygène 18 pèse donc plus lourd. Cette différence peut donc être à l’origine d’un fractionnement isotopique qu’on dit dépendant de la masse puisque du à cette différence de masse.

3 Qu’est-ce que le fractionnement isotopique et comment se produit-il?

Nous l’avons dit, étant donné la différence de masse entre les deux isotopes, ceux-ci ne vont pas avoir exactement la même réaction lors des processus physico-chimiques. Prenons un exemple : l’évaporation.

Si on considère un océan au-dessus duquel flottent des nuages, il y a des processus d’évaporation qui se produisent de l’océan vers les nuages et qui permettent leur formation. Etant donné que l’oxygène 18 est plus lourd que l’oxygène 16, l’oxygène 18 s’évapore moins facilement. En terme physique, il s’agit d’une différence d’énergie d’activation permettant la vaporisation. L’énergie necessaire à la vaporisation de l’oxygène 16 (en fait de l’eau contenant de l’oxygène 16) est plus faible que celle nécessaire à la vaporisation de l’oxygène 18 puisque la molécule d’H 2 16O est plus légère que celle d‘H2 18O. Comme cette énergie de vaporisation est plus faible, pour une même température, l’énergie de vaporisation d’H2 16O sera plus souvent atteinte que celle d’H 2 18O. Les nuages seront donc plus riches en H2 16O qu’en H 2 18O donc plus riches en oxygène 16 qu’en oxygène 18. Il se produit donc lors de l’évaporation un fractionnement isotopique au profit de l’isotope léger. A l’inverse, la condensation et donc les pluies seront plus chargées en oxygène 18 qu’en oxygène 16.
Ceci explique par exemple que les nuages ait un δ18O plus faible (comprendre plus négatif) que celui de l’océan puisqu’il y a moins d’oxygène 18 dans les nuages.

4 Pourquoi le δ18O varie-t-il avec la latitude?

Quand on regarde le trajet des nuages, ils vont globalement de l’équateur vers les pôles. Au niveau de l’équateur, ils se chargent en eau au cours de l’évaporation et l’eau des nuages a donc un δ18O plus négatif que celui de l’océan. Au fur et à mesure de leur migration vers les pôles, il va y avoir des précipitations qui vont donc appauvrir le nuage en oxygène 18 (puisque celui-ci précipite préférentiellement) : le δ18O des nuages devient donc de plus en plus négatif de l’équateur vers les pôles. Le δ18O varie donc avec la latitude.

La variation du delta 18 O en fonction de la latitude

Figure 1 La diminution du δ18O en fonction de la latitude s’explique par le déplacement des nuages et les précipitations.

5 Le δ18O des glaces peut être interprété comme un paléothermomètre

Nous avons vu que le δ18O variait avec la latitude. Pour pouvoir utiliser le δ18O comme un paléothermomètre, il faut donc toujours rester à la même laltitude et mesurer conjointement la température et le δ18O des précipitations neigeuses pour avoir une référence. C’est ce qui a été fait par Jouzel et collaborateurs aux pôles.

 

Corrélation entre delta 18 O et la température des glaces - Le thermomètre isotopique de JouzelFigure 2 Relation entre le δ18O et la température au niveau des glaces.

La figure montre que lorsque la température augmente, le δ18O des glaces augmentent et inversement, lorsque la température diminue, le δ18O diminue. Il est très important pour expliquer cela de bien comprendre la figure suivante et son explication.

Figure expliquant les variations du delta 18 O en fonction de la témpérature au niveau des pôles et au niveau de l'océan et des formainifèresFigure 3 La figure majeure pour comprendre l’utilisation du δ18O comme paléothermomètre.

  • En période froide, l’évaporation est faible. Il y a donc essentiellement du 16O qui part dans les nuages. Le rapport entre le 16O et le 18O est donc très fort : il y a beaucoup de 16O par rapport au 18O. Ainsi, le δ18O des nuages est très faible. Quand le nuage arrive aux pôles, il n’a quasiment que du 16O à précipiter, le δ18O des glaces est donc très faible (très négatif)
  • En période chaude, l’évaporation est forte. Il y a donc toujours essentiellement du 16O qui part dans les nuages mais aussi du 18O (car l’énergie de vaporisation est plus facilement franchie quand il fait chaud). Donc, le nuage est plus chargé en 18O qu’en 16O pendant une période chaude que pendant une période froide. Ainsi, le δ18O du nuage en période chaude est plus élevé qu’en période froide. En arrivant au pôle, le nuage relargue du 16O mais aussi du 18O puisqu’il en contient. Ainsi, le δ18O de la glace sera donc plus élevé pendant la période chaude que pendant la période froide. Il en va de même pour le δ18O de l’atmosphère au dessus des pôles.

En utilisant le thermomètre isotopique de Jouzel et collaborateurs, on peut donc connaître à partir du δ18O des glaces, la température qui régnait à l’époque des précipitations au dessus des pôles. On fait l’interprétation que s’il fait plus froid aux pôles, alors il faisait plus froid sur Terre. On effectue cette mesure de δ18O sur une même carotte de glace pour être toujours à la même latitude et donc pour que notre mesure de δ18O ne renseigne bien que sur la température.

C’est ainsi qu’on obtient la fameuse courbe de variation de la température au cours du quaternaire.

Courbe du delta 18 O et du delta D dans la carotte GRIP du Groenland et dans la carotte de Vostok

Figure 4 La courbe du δ18O mesurée dans une carotte de glace du Groenland (GRIP) et du δ2H ou δD dans la carotte de Vostok en Antarctique. (Le δD fonctionne de la même façon que le δ18O.)

6 Le δ18O des foraminifères benthiques peut être interprété comme une indication du volume des glaces

Le δ18O des foraminifères ne renseignent pas sur la valeur absolue de la température comme peut le faire le δ18O des glaces.

Les foraminifères utilisent l’oxygène présent dans l’eau environnante dans la formation de leur test carbonaté. Ainsi, le δ18O des foraminifères dépend donc d’une part du rapport oxygène 18-oxygène 16 de l’océan ainsi que de la température de ce même océan. Pour s’affranchir de la température de l’océan, on utilise les foraminifères dit benthiques qui vivent sur le fond : la température y est constante et le δ18O de ces foraminifères benthiques ne dépend donc que du δ18O des océans.
Regardons à nouveau la figure 1↑. Lorsqu’un nuage se forme, il prélève préférentiellement du 16O par rapport au 18O. Ainsi, lorsque le nuage se forme, la quantité d’oxygène 18 dans l’océan augmente et donc son δ18O aussi. Maintenant, regardons attentivement la figure 3↑. En période froide, il y a peu d’évaporation. Donc, l’essentiel de l’oxygène 18 reste dans l’océan. Donc le δ18O de l’océan augmente. Donc, celui des foraminifères benthiques augmente aussi. Au contraire, en période chaude, il y a beaucoup d’évaporation. Il y a donc un fort prélèvement par les nuages de 18O. Donc le δ18O de l’océan diminue. Donc le δ18O des foraminifères benthiques diminuent aussi.

Ainsi, le δ18O des formanifères benthiques augmente lorsque la température diminue et le δ18O des formanifères benthiques diminue lorsque la température augmente. Pour autant, la valeur du δ18O ne donne pas de température. Il nous dit simplement si on était en période plus chaude ou plus froide. Le δ18O des foraminifères est en fait un indicateur de la quantité de glace présente aux pôles : si la période est froide, alors il y a beaucoup de glace aux pôles et donc l’essentiel de l’oxygène 16 est stocké dans la calotte de glace des pôles. Consécutivement, l’essentiel de l’oxygène 18 est présent dans les océans : le δ18O des océans est élevé, celui des foraminifères benthiques aussi.

7 Que retenir de tout ça?

  1. Le δ18O est une mesure de la quantité d’oxygène 18 par rapport à la quantité d’oxygène 16.
  2. Il existe un fractionnement isotopique entre l’oxygène 16 et l’oxygène 18 car ils n’ont pas la même masse.
  3. Le fractionnement isotopique entre oxygène 16 e oxygène 18 est fonction de la température.
  4. Le δ18O des glaces renseignent sur la température qu’il fait aux pôles : lorsque la température augmente, le δ18O augmente.
  5. Le δ18O des foraminifères benthiques renseignent sur la quantité de glace stockée aux pôles : lorsque le δ18O augmente, cela signifie qu’il y a plus de glace aux pôles (car elle stocke l’isotope léger) et donc qu’il fait plus froid.
FIGURE POUR REPONDRE AUX DEUX COMMENTAIRES MONTRANT QUE LA TEMPERATURE EST LE FACTEUR ESSENTIEL DE VARIATION DU DELTA18O ET NON LES PRÉCIPITATIONS SAUF AU TRÈS BASSES LATITUDES
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Les faciès métamorphiques d’Eskola et l’utilisation d’une grille pétrogénétique https://tristan.ferroir.fr/index.php/2011/12/29/les-facies-metamorphiques-deskola-et-lutilisation-dune-grille-petrogenetique/ https://tristan.ferroir.fr/index.php/2011/12/29/les-facies-metamorphiques-deskola-et-lutilisation-dune-grille-petrogenetique/#comments Thu, 29 Dec 2011 15:43:19 +0000 http://tristan.ferroir.fr/?p=1043 Lire la suite ]]> Les roches sont constituées de plusieurs minéraux qui vont réagir différemment aux variations de pression et  de température. Certains minéraux sont stables dans des conditions de pression et de température plus ou moins larges. Ainsi, une roche métamorphique peut être caractérisée par une association de minéraux tous stables dans les mêmes conditions p-T : c’est ce qu’on appelle la paragenèse. Ces minéraux ont cristallisé dans des conditions de pression et de température voisines. L’espace p-T existant sur Terre peut être découpé en sous ensembles plus petits appelés faciès métamorphiques qui ont été défini par Eskola à partir des roches basiques.
Il existe 4 grands types de chimie pour les faciès métamorphiques (roches de la séquence basique, roches dérivées de la séquence pélitique [~argileuses] ainsi que les séquences quartzo-feldspathiques et carbonatées mais qui ne sont que peu modifiées lors du métamorphisme). Les minéraux des paragénèses vont donc être distincts car la chimie de base est différente mais les faciès métamorphiques sont les mêmes puisque correspondant à des conditions p-T identiques.

Pour connaitre les conditions de pression et de température auxquelles ont été soumises ces roches, on utilise une grille pétrogénétique qui représente le positionnement des faciès métamorphiques dans l’espace pression température.

Facies métamorphique d'Eskola - Grille pétrogénétique avec les Faciès zéolite - prehnite pumpeleyite - cornéennes à actinote, schistes bleus, schistes verst, éclogites, granulites, amphibolites et les réaction métamorphiques quartz coésite, albite jadeite quartz, andalousite sillimanite disthène, grenat

Afin de positionner ces roches dans cette grille p-T, on identifie les minéraux et grâce au tableau suivant, on peut déterminer le faciès dans lequel se trouve la roche qui a été métamorphisée. J’ai représenté quelques droites de réaction habituelles.

Faciès métamorphique Métabasites Métapélites
Faciès des zéolites Légères recristallisations
laumonite, analcime, heulandite, wairakite
argiles interstratifiées
Faciès à prehnite et actinote prehnite, pumpellyite ± chlorite, albite, epidote illite/muscovite, chlorite, albite, quartz
Faciès des cornéennes à hornblende hornblende, plagioclase ± diopside biotite, muscovite, cordierite ± chloritebiotite, muscovite, andalousite
muscovite, andalousite, cordierite
Faciès des cornéennes à pyroxènes clinopyroxène, orthopyroxène, plagioclase ± olivine, hornblende cordiérite, andalousite, feldspath potassique
Faciès à lawsonite et à chlorite lawsonite, albite, chlorite
Faciès à pumpellyite et actinote pumpellyite, actinote
Faciès des schistes verts albite, épidote, chlorite, actinote chlorite, muscovite, albite (± biotite, paragonite, chloritoïde)
Faciès des amphibolites hornblende, plagioclase ± grenat cordiérite/grenat, sillicate d’alumine, biotite ± muscovite, feldspath potassique
Faciès des granulites Basse pression : orthopyroxène + plagioclase
Haute pression : grenat, clinopyroxène, quartz
Basse Pression : cordiérite, sillimanite, feldspath potassique
Moyenne Pression : grenat, sillimanite, feldspath potassique
Haute pression : grenat, disthène, feldspath potassique
Faciès des schistes bleus glaucophane, lawsonite
glaucophane, épidote, paragonite, quartz
phengite (micas blanc), disthène, chloritoide, talc, quartz ± grenat
Faciès des éclogites omphacite/jadeite, grenat talc, disthène, grenat, coésite

Voilà, maintenant vous pouvez facilement placer une roche dans la grille pétrogénétique.

Si vous souhaitez que je modifie la grille en rajoutant des réactions par exemple, où s’il y a des erreurs, comme, toujours, un commentaire sera le bienvenu!

Faciès métamorphiques

Métabasites

Métapélites

Faciès des zéolites

Légères recristallisations

laumonite, analcime, heulandite, wairakite

argiles interstratifiées

Faciès à prehnite et actinote

albite, prehnite, actinote chlorite

Faciès à prehnite et pumpellyite

prehnite, pumpellyite ± chlorite, albite, epidote

illite/muscovite, chlorite, albite, quartz

Faciès des cornéennes à hornblende

hornblende, plagioclase ± diopside

biotite, muscovite, cordierite ± chloritebiotite, muscovite, andalousitemuscovite, andalousite, cordierite

Faciès des cornéennes à pyroxènes

clinopyroxène, orthopyroxène, plagioclase ± olivine, hornblende

cordiéerite, andalousite, feldspath potassique

Faciès à lawsonite et à chlorite

lawsonite, albite, chlorite

Faciès à pumpellyite et actinote

pumpellyite, actinote

Faciès des schistes verts

albite, épidote, chlorite, actinote

chlorite, muscovite, albite (± biotite, paragonite, chloritoïde)

Faciès des amphibolites

hornblende, plagioclase ± grenat

cordiérite/grenat, sillicate d’alumine, biotite ± muscovite, feldspath potassique

Faciès des granulites

Basse pression : orthopyroxène + plagioclase

Haute pression : grenat, clinopyroxène, quartz

Basse Pression : cordiérite, sillimanite, feldspath potassique

Moyenne Pression : grenat, sillimanite, feldspath potassique

Haute pression : grenat, disthène, feldspath potassique

Faciès des schistes bleus

glaucophane, lawsonite

glaucophane, épidote, paragonite, quartz

phengite (micas blanc), disthène, chloritoide, talc, quartz ± grenat

Faciès des éclogites

omphacite, grenat

talc, disthène, grenat, coésite

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Cours avancé en ligne sur les radiochronomètres et sur la radiochronologie pour prépa agreg SVT/SV-STU https://tristan.ferroir.fr/index.php/2011/10/22/cours-avance-en-ligne-sur-les-radiochronometres-et-sur-la-radiochronologie-pour-prepa-agreg-svtsv-stu/ https://tristan.ferroir.fr/index.php/2011/10/22/cours-avance-en-ligne-sur-les-radiochronometres-et-sur-la-radiochronologie-pour-prepa-agreg-svtsv-stu/#respond Sat, 22 Oct 2011 17:14:53 +0000 http://tristan.ferroir.fr/?p=893 Lire la suite ]]> Je mets ici en ligne un diaporama que j’avais réalisé pour les optants C de la prépa agreg de l’ENS Lyon sur le sujet spécifique : « Les radiochronomètres : choix, méthodes et limites d’utilisation ». Je ne reviens donc pas dans ce cours avancé sur le programme général comme la méthode Rb/Sr (sauf pour l’établissement d’âge modèle) , le U-Th-Pb et le carbone 14.

Ici il est question de méthode K-Ar (Potassium Argon), Ar-Ar (Argon-Argon), la méthode Plomb-Plomb (et la datation de la Terre par Patterson), les déséquilibres isotopiques : U-Th-Ra (série de déséquilibre de l’uranium) les isotopes cosmogèniques (Beryllium 10 et Neon 20) et sur les radioactivités éteintes.

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Schéma de synthèse récapitulatif des grandes étapes de formation de la Terre du Big Bang à la formation des enveloppes terrestres https://tristan.ferroir.fr/index.php/2011/10/16/schema-de-synthese-recapitulatif-des-grandes-etapes-de-formation-de-la-terre-du-big-bang-a-la-formation-des-enveloppes-terrestres/ https://tristan.ferroir.fr/index.php/2011/10/16/schema-de-synthese-recapitulatif-des-grandes-etapes-de-formation-de-la-terre-du-big-bang-a-la-formation-des-enveloppes-terrestres/#respond Sun, 16 Oct 2011 14:25:10 +0000 http://tristan.ferroir.fr/?p=883 Lire la suite ]]> Voici un nouveau poster pédagogique avec une frise chronologique permettant de visualiser les grandes étapes de la formation de la Terre et de sa différenciation. J’y inclue aussi quelques données sur les météorites et sur l’évolution du Soleil.

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